L'électricité dans l'eau
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Pourquoi il y a de l’électricité dans l’eau et comment s’en protéger

Un picotement sous la douche, une sensation étrange en touchant un robinet ou un animal qui refuse de boire : ces signes peuvent indiquer qu’il y a de l’électricité dans l’eau. Ce phénomène n’a rien d’anodin. Il signale presque toujours un défaut dans l’installation électrique et expose les occupants d’un logement à un risque d’électrocution.

Les causes possibles quand il y a de l’électricité dans l’eau

Pourquoi l’eau conduit le courant

L’eau parfaitement pure conduit très mal l’électricité. L’eau du robinet, celle d’une piscine ou d’une rivière contient en revanche des sels minéraux dissous, comme le calcium, le magnésium ou le sodium. Ces minéraux se transforment en ions, c’est-à-dire en particules porteuses d’une charge électrique. Ce sont eux qui permettent au courant de circuler. Plus l’eau contient de minéraux, mieux elle conduit l’électricité. L’eau de mer, très salée, en offre l’exemple le plus parlant.

Un appareil ou un câble défectueux

La cause la plus fréquente reste un appareil électrique en contact avec l’eau ou avec une canalisation. Un chauffe-eau dont la résistance, l’élément qui chauffe l’eau, présente une fissure peut transmettre du courant au réseau de plomberie. Un lave-linge mal isolé, une pompe de piscine usée ou un projecteur immergé dont le joint ne remplit plus son rôle produisent le même effet. Un câble abîmé qui touche un tuyau métallique suffit aussi à mettre l’ensemble sous tension.

Une mise à la terre absente ou défaillante

La mise à la terre relie l’installation électrique au sol pour évacuer les courants de fuite, c’est-à-dire l’électricité qui s’échappe de son circuit normal. Lorsque ce raccordement manque ou se dégrade, le courant cherche un autre chemin. Il emprunte alors parfois les canalisations et l’eau qu’elles transportent. La liaison équipotentielle, un câble qui relie entre elles les parties métalliques d’une salle de bains, joue un rôle proche. Son absence augmente nettement le danger.

L'eau conduit le courant

Reconnaître les signes d’un courant dans l’eau

Plusieurs indices doivent alerter. Le plus courant reste une sensation de picotement ou de fourmillement au contact de l’eau du bain, de la douche ou d’un robinet. Certaines personnes décrivent aussi une petite décharge en touchant en même temps un robinet et un autre élément métallique, comme un radiateur.

D’autres signaux concernent l’installation elle-même. Un disjoncteur qui saute souvent, des lumières qui vacillent quand un appareil se met en marche ou une odeur de brûlé près d’un équipement constituent des indices sérieux. Dans une piscine, les baigneurs ressentent parfois des fourmillements près des projecteurs.

Dans un port ou un plan d’eau, des animaux qui évitent une zone précise peuvent révéler une fuite de courant provenant d’un bateau ou d’un ponton. Seul un professionnel confirme la présence de courant. L’électricien utilise un multimètre, un appareil qui mesure la tension, pour vérifier si l’eau ou les canalisations se trouvent sous tension.

Critère Description Avantage Conseil
Différentiel 30 mA Détection des fuites de courant Coupure en une fraction de seconde Test mensuel via bouton T
Mise à la terre Évacuation des courants de fuite Courant détourné des canalisations Contrôle par électricien qualifié
Liaison équipotentielle Câble reliant les parties métalliques Danger nettement réduit Vérification en salle de bains
Indice de protection IP Résistance aux projections d’eau Luminaires sûrs près de la douche Indice adapté à chaque volume
Diagnostic électrique Obligatoire au-delà de quinze ans Repérage des défauts d’installation Réalisation avant vente ou location

Les dangers pour la santé

Le corps humain contient beaucoup d’eau et conduit donc bien le courant. Une peau mouillée perd aussi une grande partie de sa résistance naturelle. Une tension faible, sans conséquence sur une main sèche, devient dangereuse sous la douche ou dans une baignoire. Lorsqu’il y a de l’électricité dans l’eau, le corps entier se retrouve exposé.

Les effets dépendent de l’intensité du courant et de la durée du contact. Un courant faible provoque des picotements. Un courant plus fort entraîne des contractions musculaires qui empêchent de lâcher prise ou de sortir de l’eau. Au-delà, il perturbe le rythme du cœur et peut provoquer un arrêt cardiaque. Dans une piscine ou un lac, la paralysie des muscles entraîne parfois une noyade, que les spécialistes appellent noyade par choc électrique.

Que faire en cas de suspicion

Les bons réflexes immédiats

Quand une personne soupçonne qu’il y a de l’électricité dans l’eau, elle doit d’abord sortir de l’eau sans toucher d’objet métallique, si elle le peut. Personne ne doit entrer dans le bain, la douche ou la piscine concernée. L’étape suivante consiste à couper le courant au disjoncteur général, le gros interrupteur du tableau électrique qui alimente tout le logement.

Si une personne subit une électrocution, il ne faut jamais la toucher tant que le courant reste branché. Le sauveteur risquerait de subir le même choc. Une fois l’alimentation coupée, il appelle les secours au 15, au 18 ou au 112. Même si la victime semble aller bien, un examen médical reste nécessaire, car un choc électrique peut provoquer des troubles cardiaques plusieurs heures après l’accident.

Electricité et eau

Faire intervenir un électricien

Après la mise en sécurité, l’appel à un électricien qualifié s’impose. Il recherche l’origine de la fuite, contrôle la mise à la terre, teste les appareils suspects et remplace les éléments défectueux. Personne ne doit rétablir le courant dans la zone concernée avant son diagnostic.

Prévenir le risque au quotidien

Le premier rempart contre ce danger porte le nom de dispositif différentiel 30 mA, souvent appelé interrupteur ou disjoncteur différentiel. Cet appareil, placé dans le tableau électrique, détecte les fuites de courant et coupe l’alimentation en une fraction de seconde. La norme française NF C 15-100, qui fixe les règles des installations électriques dans les logements, impose sa présence. Un bouton marqué « T » permet de le tester, et un essai mensuel suffit à vérifier son bon fonctionnement.

La salle de bains obéit aussi à des règles précises. La norme découpe la pièce en volumes, des zones définies autour de la baignoire et de la douche, et limite les équipements autorisés dans chacune d’elles. Les prises de courant doivent rester à distance des points d’eau. Les luminaires proches de la douche doivent présenter un indice de protection adapté, noté IP, qui indique leur résistance aux projections d’eau.

Quelques gestes simples réduisent encore le risque. Un sèche-cheveux, un radiateur d’appoint ou un téléphone en charge n’ont rien à faire au bord d’une baignoire remplie. Mieux vaut remplacer ou faire réparer tout appareil dont le câble est abîmé ou la prise fendue. Pour une piscine, un contrôle régulier des projecteurs, de la pompe et de leurs câbles par un professionnel limite les mauvaises surprises.

Le diagnostic électrique, obligatoire lors de la vente ou de la location d’un logement dont l’installation a plus de quinze ans, offre aussi un bon moyen de repérer les défauts. Il vérifie notamment la présence d’un différentiel, de la mise à la terre et de la liaison équipotentielle. Avec une installation conforme, une situation où il y a de l’électricité dans l’eau devient rare, et le différentiel coupe le courant presque aussitôt si elle se produit.